SMS en roaming : -38,5 % au T1 2026, l'Arcep acte la fin d'un usage
Marc

Marc

22 juillet 2026 · 7 min de lecture

L'Arcep a publié le 9 juillet 2026 son observatoire trimestriel des marchés des communications électroniques pour le premier trimestre 2026. Au-delà des chiffres globaux déjà commentés (recettes en léger repli, fibre à 84 % des abonnements, 5G à 42 % des cartes SIM), un indicateur est passé presque inaperçu et mérite pourtant qu'on s'y arrête : le nombre de SMS envoyés en roaming par les clients français a chuté de 38,5 % en un an. Une bascule historique, qui confirme l'effondrement du SMS au profit des messageries over-the-top, y compris à l'étranger.

Le chiffre : 134 millions de SMS en roaming, en un an

Selon l'Observatoire T1 2026, les clients d'opérateurs français ont envoyé 134 millions de SMS en itinérance à l'étranger entre janvier et mars 2026. C'est 38,5 % de moins qu'au premier trimestre 2025. À titre de comparaison, sur la même période, le roaming vocal a reculé de 10,2 % (829 millions de minutes) et le roaming data a progressé de 14,4 % (environ 99 155 téraoctets). La tendance n'est pas nouvelle, mais son ampleur au T1 2026 la rend spectaculaire.

Indicateur roaming sortant (clients français à l'étranger)T1 2026Évolution annuelle
Voix829 millions de minutes-10,2 %
SMS134 millions d'unités-38,5 %
Data99 155 téraoctets+14,4 %
Recettes totales roaming96 millions d'euros HT-8,2 %

Source : Arcep — Observatoire des marchés T1 2026, publié le 9 juillet 2026.

Pourquoi un tel effondrement du SMS en roaming ?

Plusieurs effets se cumulent, et l'Arcep les identifie clairement dans son commentaire.

D'abord, l'itinérance européenne est incluse dans les forfaits depuis 2017 (« Roam Like At Home »). Envoyer un SMS depuis l'Espagne, l'Italie ou la Grèce ne coûte donc rien de plus qu'un SMS national — ce qui a largement banalisé l'usage… mais n'a pas empêché son effondrement. Preuve que la gratuité ne suffit plus à maintenir le SMS en vie : la valeur d'usage a basculé ailleurs.

Ensuite, la couverture data mobile à l'étranger s'est spectaculairement améliorée. Les forfaits français incluent désormais en moyenne 25 à 35 Go utilisables en Europe (voire plus chez Bouygues Telecom et Orange), souvent avec une enveloppe « voyage » distincte mais confortable. Sur un smartphone connecté en 4G ou 5G, l'application de messagerie favorite (WhatsApp, iMessage, Messenger, Signal, Telegram) prend le pas sur le SMS natif, sans friction et avec des fonctionnalités bien plus riches (messages vocaux, photos, groupes, indicateurs de présence).

Enfin, l'essor des eSIM de voyage et l'arrivée de forfaits d'itinérance « data only » à prix cassés — que nous évoquions dans notre article sur l'eSIM en France en 2026 — permettent de rester connecté partout sans dépendre du roaming voix/SMS de l'opérateur historique. Pour le voyageur, le SMS est devenu un canal de secours, plus qu'un canal quotidien.

Voyageurs consultant leur smartphone à l'aéroport : WhatsApp et Messenger ont remplacé le SMS, même à l'étranger.

Photo : Unsplash — l'attente à l'aéroport est devenue un moment « messagerie », plus « SMS ».

Le SMS en France aussi recule, mais moins vite

Cette tendance n'est pas isolée : elle prolonge un mouvement observé sur le marché national. Comme nous l'analysions dans notre précédent dossier sur la baisse du SMS en France vue par l'Arcep, le nombre de SMS envoyés par client en France métropolitaine recule lui aussi de plusieurs pourcents par trimestre, et la part des messages interpersonnels dans le trafic SMS total a fortement diminué au profit des SMS marchands, transactionnels et d'alerte.

En roaming, la chute est plus brutale pour deux raisons :

  • le SMS n'a jamais été un usage très intensif à l'étranger : on s'en sert surtout pour prévenir de son arrivée, envoyer un code de confirmation, ou échanger quand le réseau data est mauvais ;
  • les messageries IP fonctionnent désormais partout où il y a du Wi-Fi ou de la data, y compris dans des pays où la couverture 4G est désormais généralisée (Turquie, Maroc, Tunisie, Égypte, destinations phares des Français).

En clair : le SMS en roaming n'est plus un canal d'usage courant, mais un canal technique — ce que l'on constate d'ailleurs dans la composition du trafic SMS restant, largement dominé par les OTP, alertes de banque, confirmations de vol, et notifications de livraison.

Ce que ça change pour l'écosystème

Pour un service comme Texto SMS Gratuit, qui s'appuie sur le canal SMS pour permettre à n'importe qui d'envoyer gratuitement un texto vers un mobile français, ce mouvement a une conséquence paradoxale : l'envoi ponctuel depuis un navigateur reste pertinent, parce qu'il ne dépend ni d'un forfait, ni d'une carte SIM, ni d'un opérateur mobile. Quand on est en déplacement, sans réseau mobile local, derrière un pare-feu d'hôtel capricieux, ou qu'on veut simplement prévenir un proche en France sans donner son numéro — passer par un formulaire d'envoi de SMS gratuit reste une solution simple, qui ne mobilise pas le roaming du smartphone.

C'est d'ailleurs ce que rappelait notre article sur l'envoi de SMS gratuit en ligne : le canal SMS a changé de nature, mais il reste irremplaçable pour certains usages — alertes, OTP, notifications critiques, communication avec des personnes qui n'utilisent pas les messageries IP (personnes âgées, certains publics en situation de précarité numérique, contacts professionnels). Le SMS est en train de devenir un canal utilitaire de confiance, là où il était un canal social de masse dans les années 2000.

L'Arcep le soulignait d'ailleurs dans son rapport annuel Telconomics 2026 : la valeur du SMS n'est pas dans son volume, mais dans sa portée — c'est-à-dire sa capacité à toucher 100 % des clients mobiles, y compris les seniors, les utilisateurs de feature phones, et les personnes en zones mal desservies par la data.

Smartphone d'un senior : le SMS reste un canal de communication essentiel pour une partie de la population.

Photo : Unsplash — pour de nombreux utilisateurs, le SMS reste le canal le plus familier et le plus fiable.

Quelques nuances à garder en tête

Tout n'est pas linéaire, et l'Arcep note plusieurs points d'attention :

  • La chute du SMS roaming est en partie mécanique : avec la baisse du nombre d'itinérances « vocales » au profit du Wi-Fi calling, certains opérateurs ne facturent plus les SMS émis via leur application maison — donc ne les remontent pas dans les statistiques.
  • Les SMS d'alerte et de sécurité publique (FR-Alert, que nous décryptions récemment) échappent à cette tendance : leur volume reste stable, voire progresse, avec la généralisation du cell-broadcast.
  • Le RCS (« Rich Communication Services ») — le successeur du SMS poussé par Google et Apple, dont nous avons parlé dans plusieurs dossiers récents — pourrait à terme réduire encore la part du SMS en offrant un canal de messagerie interopérable enrichi, directement intégré au client SMS natif.

L'essentiel à retenir

  • Le SMS en roaming a chuté de 38,5 % au T1 2026 par rapport au T1 2025, à 134 millions d'unités, selon l'Observatoire Arcep du 9 juillet 2026.
  • Dans le même temps, le roaming data progresse de 14,4 % et le roaming vocal recule de 10,2 % — la messagerie IP remplace progressivement le SMS, y compris à l'étranger.
  • Le SMS reste un canal utilitaire et de confiance : alertes, OTP, communication vers les publics non-équipés d'applications IP. Son volume baisse, sa valeur stratégique ne disparaît pas.
  • Pour un envoi ponctuel, sans forfait ni carte SIM, un service d'envoi de SMS gratuit en ligne garde tout son sens — précisément parce qu'il ne dépend pas du roaming.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter l'Observatoire des marchés T1 2026 de l'Arcep, relire notre dossier sur la baisse du SMS en France ou nous écrire pour partager votre usage du SMS en déplacement.

#SMS#Roaming#Arcep#Marché mobile#Itinérance#Messageries

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