

Marc
21 juillet 2026 · 6 min de lecture
Le 17 juillet 2026, le ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique a publié l'appel à candidatures pour la présidence de l'Arcep. Le mandat de Laure de La Raudière, en poste depuis janvier 2021, s'achève en effet le 3 janvier 2027 — date à laquelle un nouveau président ou une nouvelle présidente prendra les rênes du régulateur français des télécoms pour un mandat de six ans, non révocable et non renouvelable. Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 31 août 2026 à minuit. Voici ce qu'il faut savoir sur le calendrier, les critères, les profils envisagés et les dossiers brûlants qui attendent le successeur.
Photo : Unsplash — l'Arcep est une autorité administrative indépendante, mais sa présidence est nommée par décret en Conseil des ministres sur proposition du ministre de l'Économie.
Pourquoi cette succession est importante
L'Arcep — Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse — n'est pas une administration comme les autres. C'est l'arbitre du marché français des télécoms, du courrier et de la presse : elle attribue les fréquences, fixe les obligations des opérateurs (Orange, Free, SFR, Bouygues Telecom, mais aussi les FAI alternatifs, les opérateurs professionnels, les acteurs satellite), contrôle la qualité de service, sanctionne les abus, et publie les observatoires qui servent de référence au secteur (couverture mobile, qualité fibre, satisfaction clients, prix). Elle rend aussi des avis sur les projets de loi et publie les grandes décisions structurantes — du « New Deal Mobile » à l'extinction du réseau cuivre et de la 2G/3G.
Changer de président, c'est donc changer de régulation. Le mandat de six ans du président de l'Arcep étant non renouvelable, le mandat de Laure de La Raudière (2021-2027) ne pourra pas être prolongé, et c'est un nouveau visage qui fixera le cap du régulateur jusqu'en 2033.
Calendrier et mécanique de nomination
Le processus, encadré par le Code des postes et des communications électroniques, se déroule en plusieurs étapes :
| Étape | Date / Échéance |
|---|---|
| Publication de l'appel à candidatures | 17 juillet 2026 |
| Clôture des candidatures | 31 août 2026 à minuit |
| Présélection par les services du ministère | septembre 2026 |
| Audition des candidats (au maximum 5) par un panel de personnalités qualifiées | octobre 2026 |
| Recommandation au Président de la République | novembre 2026 |
| Audition parlementaire du candidat pressenti | décembre 2026 |
| Nomination par décret en Conseil des ministres | décembre 2026 / janvier 2027 |
| Prise de fonctions | 3 janvier 2027 |
Le nom du président ou de la présidente sera donc connu avant la fin de l'année 2026, et la passation de pouvoir s'effectuera dans la continuité début janvier.
Les critères d'éligibilité
L'appel à candidatures publié par la Direction générale des Entreprises (DGE) précise le profil recherché. Les candidats doivent justifier de qualifications économiques, juridiques ou techniques dans au moins l'un des domaines de compétence de l'Arcep : télécommunications, poste, distribution de la presse, économie numérique. Une expérience de direction (administration, opérateur, autorité de régulation, organisme international) est attendue. La limite d'âge est fixée à 65 ans au moment de la nomination, conformément aux dispositions du CPCE.
Une déclaration d'intérêts et un engagement déontologique accompagnent obligatoirement le dossier, qui comprend CV, lettre de motivation et fiche de renseignements détaillée. Les fonctions de président de l'Arcep sont incompatibles avec tout mandat électif et avec la détention d'intérêts dans une entreprise du secteur régulé.
Les profils pressentis
Aucun candidat ne s'est publiquement déclaré à ce stade, mais plusieurs noms reviennent dans les discussions d'experts. Trois profils internes ou proches du régulateur sont évoqués :
- Mireille Clapot, membre du collège de l'Arcep depuis 2021, ingénieur de formation, élue locale et ancienne rapporteure de la loi sur la République numérique.
- Xavier Merlin, également membre du collège, ingénieur général des mines, spécialiste des questions de spectre et de fréquences.
- Thomas Courbe, directeur général de la DGE, qui pilote l'appel à candidatures côté ministère et connaît intimement les dossiers fibre, mobile et satellite.
À ces noms s'ajoutent plusieurs profils externes : anciens présidents d'autorités de régulation sectorielles, cadres dirigeants d'opérateurs en fin de carrière, magistrats ou économistes spécialisés dans le numérique. La tradition veut que l'Arcep reste au-dessus des clivages politiques — Laure de La Raudière, issue de la société civile (députée UDI de 2007 à 2020), avait été nommée après une procédure similaire.
Les chantiers qui attendent le successeur
Le ou la prochaine présidente de l'Arcep héritera d'un agenda particulièrement chargé, à commencer par la finalisation de l'extinction du réseau cuivre d'Orange, qui s'étalera jusqu'en 2030 avec des millions d'abonnés à migrer vers la fibre. Le régulateur devra aussi piloter la sortie des réseaux 2G et 3G d'ici 2028-2029, accompagner le déploiement de la 5G standalone, fixer les règles de la 6G (qui se prépare déjà à l'horizon 2030), et arbitrer la montée en puissance des communications par satellite direct-to-device.
Trois autres dossiers promettent d'être structurants : la régulation environnementale des opérateurs (consommation énergétique des data centers, sobriété des réseaux mobiles), l'intelligence artificielle appliquée aux réseaux (optimisation dynamique, gestion des pics de trafic), et la concentration du marché mobile si le rapprochement SFR/Orange/Free/Bouygues aboutit à un marché à trois opérateurs.
Pourquoi cette nomination concerne aussi les particuliers
Même si elle se joue à Bercy, cette succession aura des conséquences concrètes sur votre forfait mobile, votre abonnement fibre, et la qualité de service de votre opérateur. L'Arcep fixe chaque année le cadre réglementaire qui détermine la couverture mobile en zone rurale, le prix des fréquences 5G (qui in fine se répercute sur les forfaits), les obligations de qualité des opérateurs (mesurées et publiées chaque trimestre), et les règles du jeu en matière de portabilité des numéros.
Une régulation ferme et indépendante, c'est ce qui a permis en France d'avoir l'un des marchés mobiles les plus concurrentiels d'Europe — et donc des prix parmi les plus bas du continent. Le choix du prochain président pèsera sur le maintien de cet équilibre dans les six années à venir.
Suivre la nomination en direct
L'appel à candidatures est consultable sur le site de la Direction générale des Entreprises. Les principales étapes (shortlist, audition parlementaire, nomination) seront relayées sur la page actualités de l'Arcep et dans la presse spécialisée (Clubic, Les Échos, La Tribune).
Pour suivre l'ensemble des décisions du régulateur qui structurent le marché français des télécoms — et leurs conséquences sur votre forfait et votre connexion fibre — vous pouvez consulter régulièrement notre blog et vous abonner à notre flux RSS. Pour toute question sur un sujet télécom, n'hésitez pas à utiliser notre page de contact.


